Chacun est acteur de sa vie ! Même les moments les plus difficiles sont porteurs d’espoir

23/6/2022
Les grandes étapes de ma vie

Sans aucun doute, la plus belle –avec le recul – aura été mon envol en tant que jeune femme émancipée. Après mon baccalauréat scientifique, j’étais dans une impasse. Dans ma famille, il n’était pas admis qu’une jeune fille de 18 ans aille s’installer « en ville » pour faire des études. Alors que mes professeurs me voyaient en classe préparatoire, ma mère détruisait l’un après l’autre tous mes projets d’avenir. J’étais désespérée. La seule échappatoire que j’ai pu trouver fut de me marier à 19 ans. Cette décision aurait pu être catastrophique, mais je vis toujours avec le garçon que j’ai épousé. Nous fêtons cette année nos 45 ans de mariage.

Avec son soutien sans faille, et c’est peu de le dire, j’ai trouvé un emploi dans la fonction publique territoriale en « entrant par la petite porte », fait des études de droit, passé des concours que j’ai tous réussi, pour accéder en catégorie A, et j’estime que j’ai fait une très belle carrière, tout en réussissant ma vie de femme et de mère de deux enfants. Quand je pense que, dans ma famille, j’ai été la première femme à exercer une profession après le mariage ! Pour les autres, c’était le cours Pigier (*), avec pour seule perspective celle de femme au foyer.

La seconde fut mon premier voyage humanitaire au Bénin. Je me suis engagée au Rotary et très vite, on m’a demandé d’assurer la présidence de mon club. Ce fut l’occasion de mener à bien, avec mon prédécesseur, une action portant sur un réseau d’adduction d’eau potable que nous avons inauguré sur place quelques années plus tard. Pour moi ce fut une révélation. Quelque part, au fond de moi, étaient enfouis des rêves d’adolescente que j’avais voulu oublier. Des rêves de professions médicales ou paramédicales avec des missions en Afrique… Bien évidemment non réalisés. Et là, j’avais enfin la possibilité d’aller au bout de mes rêves. Depuis, je suis retournée au Bénin six fois et j’ai créé un comité inter-pays France-Bénin pour sceller l’amitié entre nos deux peuples. J’ai prévu d’y retourner au mois d’août prochain pour préparer de nouvelles actions.

Ce qui m’a marqué positivement  

J’écoutais en boucle la chanson de Jean-Jacques Goldmann « J’irai au bout de mes rêves ». Je pense que même les moments les plus difficiles sont porteurs d’espoir, pour peu qu’on le veuille. Chacun est acteur de sa vie et cette affirmation m’a accompagnée tout au long de mon parcours. On a toujours le choix, même si les chemins à suivre sont longs, sinueux et parfois semés d’embûches.

A l’approche de ma retraite, je me suis sentie…

Sereine. Sans doute parce que j’ai choisi le moment de cesser mon activité. Je peux comprendre que ce soit plus difficile lorsqu’on est atteint par la limite d’âge, ou lorsque la mise la retraite vient à la fin d’une longue période de chômage, ou après une maladie. En ce qui me concerne, j’ai pris en compte le fait que mon époux est plus âgé que moi, de quelques années. Nous avons eu une vie professionnelle et familiale bien occupée : deux enfants, des journées bien remplies et des professions avec des responsabilités quelquefois pesantes… Au détriment de nos centres d’intérêt. Il m’a semblé que si nous avions encore des choses à partager, à faire ensemble, c’était le moment. Comme on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve…

Comment je me suis préparée à la retraite

J’ai anticipé. Engagée au Rotary dans l’équipe de District depuis de nombreuses années, j’avais envie d’aller encore plus loin dans le service, en proposant ma candidature comme Gouverneure en 2019/2020. Ce sont 2 années de travail intense, presque à temps complet, que nous avons partagées avec mon époux. Ensuite, mon successeur m’a proposé de prendre la responsabilité de la Fondation Rotary dans le District, ce qui m’a permis d’envisager la suite en douceur. Je peux enfin faire ces choses pour lesquelles je n’ai jamais vraiment eu le temps : m’occuper de mes petits-enfants, partir en randonnée avec mon mari, fréquenter la salle de sport plus régulièrement, rencontrer mes amies, cuisiner, faire de la photo, jardiner, bricoler, etc.

Pour moi la transition a été…

Absolument fluide. Il n’y a eu ni hyperactivité fébrile, ni déprime. Certes, j’ai quitté un travail qui me passionnait, mais je ne subis plus le stress des journées à rallonge. Je n’ai pas non plus le temps de m’ennuyer. Et les choses se sont mises en place assez facilement. J’avoue que je craignais un peu de me retrouver 24h/24h à la maison avec mon conjoint, mais ces craintes se sont vite atténuées. Nous avons chacun nos propres centres d’intérêt, ce qui permet une certaine autonomie.

Ce qui donne un sens à ma vie depuis ma retraite

Pour moi, il était absolument fondamental de conserver les valeurs qui sont les miennes. Je suis donc plus que jamais engagée dans la vie associative. En revanche, j’ai pris conscience que je n’ai plus rien à prouver à personne, et que j’avais le droit de prendre du temps pour moi, ce que certains proches ont quelquefois du mal à admettre. Mais je tiens bon. Ma retraite est une libération par rapport aux exigences. Elle a ouvert le champ des possibles.

La discussion sur la retraite qui m’énerve

Il y a deux sujets qui m’insupportent : le premier, c’est « tu es à la retraite, tu as le temps ». Sous-entendu, « tu ne peux pas refuser ce que je te demande ». C’est vrai, je suis à la retraite, mais maintenant j’organise ma vie comme je l’entends !

Le second, c’est qu’à l’aube de la retraite, il semblerait qu’on soit « en fin de vie » ! Pour moi, c’est une étape de la vie, et non la moindre. Les séniors – un mot que je déteste – regorgent d’envies, de potentiels, d’énergie, de santé ! Vivons chaque jour comme si c’était le premier du temps qui nous reste à vivre !

Mon conseil aux futurs retraités

Préparez cette étape exaltante de la vie. Il est indispensable d’organiser son quotidien autour de projets précis pour rendre motivante cette nouvelle étape de la vie, et lui donner du sens. Pourquoi ne pas essayer de réaliser des rêves : ils ne sont plus limités par les obligations.

(*) A cette époque, l’école Pigier préparait entre autres aux métiers du secrétariat.

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